Pisciculture : Alpha 8 vise trois tonnes de poissons par mois

Pisciculture : Alpha 8 vise trois tonnes de poissons par mois

Samba Alphonse est une banlieue au sud de Brazzaville. C’est ici que William Branham Massamba a installé un centre de pisciculture : le groupement Alpha 8. Bruno Nsamoukounou, l’un des employés, y a élu domicile avec sa famille. Objectif : assurer une production de trois tonnes de poissons par mois.

Ce site bénéficie des faveurs de la rivière Dzoumouna qui arrose les 32 étangs gérés par William Branham Massamba. « Nous avons débuté ces activités en 2005. C’était l’initiative de l’église. D’où, nous avons dénommé ce groupement Alpha 8 », précise William.

Seul capita à l’époque, leur envie de relever le défi malgré le peu de moyens matériels dont ils disposaient. « Après que l’église a donné le quitus, j’ai personnellement donné le cœur à ce projet. Nous avons commencé avec 50 kilos de carpe, donc un étang. Nous avons atteint 32 étangs, dix ans après », assure William.

Interrogé sur la flambée des prix du poisson, il démontre que la rareté de l’aliment de bétail est l’une des causes. « Le poisson d’élevage coûte cher à cause d’insupportables droits de douanes sur les aliments pour poissons », déclare Massamba William Branham car «  Il y a quelques années encore, un sac de ces aliments ne coûtait que 2000 frs CFA, contre 6500 aujourd’hui ».

Comment s’organise le groupe Alpha 8 pour s’approvisionner en aliments de bétails ? Massamba William Branham assure : « Les produits de bétails, nous les importants des États-Unis. Et pour couvrir tous les étangs, il nous faut les aliments de quinze à vingt millions de francs CFA par année. »

C’est grâce à cet investissement que le groupe  Alpha 8 espère produire  3000 kilos de poissons par mois. Derrière cette performance se cache la volonté du groupe de baisser le prix du kilo de poisson à 2500 frs CFA. « Nous avons des points de vente à Moukondo, Nkombo, Madibu, à Sangolo, au marché Total et ici à Samba Alphonse », précise-t-il. De leurs étangs sortent deux espèces essentielles, la carpe et le silure.

Plaidoyer pour la terre nourricière

« Ce groupement parti de rien en 2005, gère actuellement  15 employés avec des rémunérations fixes. Chacun s’occupe de sa tâche. Il y a ceux qui font l’entretien des étangs, d’autres trient et disposent les aliments des espèces », affirme William Branham Massamba. Jeune et dynamique, William est l’épine dorsale de ce groupement. En tant qu’acteur principal, il s’est fixé des objectifs précis sachant que son avenir personnel passe par cette activité. « Aujourd’hui, les métiers  liés à la terre sont considérés par les jeunes citadins comme réservés  aux personnes âgées. Ceux qui sont au village manifestent un désintérêt. Or, je ne suis pas impressionné par le bureau, mon bureau c’est la terre et l’argent est dans la terre. Voilà pourquoi nous avons élu domicile sur cette montagne…», explique Massamba William Branham.

Répondant à certaines critiques, il déclare : « Ce qui est dommage, c’est que la majorité de ceux qui ont les moyens n’investissent que dans les débits de boissons (caves, buvettes) et les hôtels. C’est bien. Mais, pour quel rendement ? Dépravation des mœurs et l’incite à la débauche alors que nous continuons de mal nous nourrir, sinon de mourir de faim.»

C’est fort de ce constat que William Branham Massamba compte élargir les activités avec la porcherie lancée en janvier dernier. L’objectif ici est d’atteindre une production de 100 porcs par mois. « Nous avons sollicité  un prêt en banque. Mais nous sommes un peu sceptiques sur l’issue de ce dossier. Jusqu’alors, nous n’avons pas de suite », s’inquiète William Branham.

Célibataire sans enfant. Né à Brazzaville le 13 septembre 1989, fils de pasteur, William Branham Massamba est issu d’une école de management et de comptabilité à Metro Denver aux États-Unis. Il est titulaire d’une licence.

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